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Un exposé fatal

Maison des Shepard

Voix : « J-1 les filles. »

Ailie (levant les yeux au ciel) : « Ca va faire que la vingtième fois que je t'ai dit d'arrêter, on ne veut pas d'un décompte Chase... »

Eyden : « Je te signal que c'est peut-être ma seule chance d'avoir une bonne note en Histoire/Géographie ce trimestre. »

Ailie : « Tu n'es pas aussi stupide que tu le crois, alors arrêtes… »

Eyden : « Pourtant y'a encore trois semaines tu disais que j'étais un véritable idiot. »

Ailie : « Je ne savais pas que ce que je pouvais te dire te marquerait à ce point. »

Sandy (sentant pointer le début d'une dispute, elle décide de se manifester): « Hum… Hum… »

Ailie et Eyden sursautèrent : ils étaient tellement pris dans leur conversation qu'ils avaient fini par en oublier que Sandy était présente dans la pièce.

Sandy : On n'a pas fini la conclusion.

Ailie : « Sandy, tu es gentille, je t'adore, tu le sais, mais ne me faits plus jamais peur comme ça, j'ai cru que j'allai avoir une attaque. »

Eyden : « Quelle chochotte… »

Ailie : « Ah oui, parce que toi tu n'as pas sursauté peut être. »

Pour toute réponse, le jeune homme lui tira la langue, d'une manière on ne peut plus féminine

Générique

Maison des Shepard

Sandy, découragée, se plongea seule dans son livre, tentant de ne plus faire attention aux deux bavards qui étaient à ses côtés. Ils avaient la présentation de leur dossier le lendemain et malgré que ce dernier soit bouclé, Sandy cherchait encore une bonne conclusion. Normalement, ils étaient censés la chercher tous les trois, mais les deux tiers de l'effectif du groupe étaient tellement énervés que cela ne servait à rien de leur demander quoi que ce soit.

Ils avaient passé la semaine à tourner les différentes scènes qui leur seraient utiles et avaient terminé le montage la veille. Pour la peine, Eyden avait même séché tous ces entraînements de basket de la semaine pour aider ses deux camarades à faire le dossier. Et ils étaient parvenus à terminer à temps. Depuis qu'ils avaient mis les pieds chez les Shepard, Ailie et Eyden n'avaient pas arrêté un instant de se disputer pour un oui ou pour un non. Sandy avait passait toute l'après-midi à essayer de suivre le flot de la conversation des deux autres mais avait abandonné au bout d'une heure. Cela faisait maintenant une demi-heure qu'elle cherchait, quand elle trouva enfin la conclusion adéquate au dossier. Elle la copia puis, laissa les deux jeunes gens continuer de se disputer, elle sortie de la salle à manger et se rendit dans le jardin.

 

Jardin

 

Cela faisait à peine deux minutes qu'elle était là, qu'elle sentie une présence derrière elle.

Sandy : « T'as fini de recopier les cours qu'il te manquait ? »

Jared : « Pas vraiment, j'ai pas assisté aux trois premières semaines de cours, donc… Et vous, vous avez fini votre dossier ? »

Sandy : « Oui, c'est pour ça que je suis sortie, ils ont pas arrêté une minute tous les deux… Il me fallait un peu de silence. »

Jared : « Je croyais que c'était le bruit que tu aimais le moins. »

Sandy : « C'est le cas, je ne l'aime pas parce que j'y suis enfermée. »

Jared : « Que caches-tu de si important pour devoir t'enfermer toi-même dans cette prison… »

Sandy : « Rien »

Jared : « Tu ment encore plus mal qu'Ailie. »

Sandy : « Ne me pose pas de question dont tu ne supporterais pas les réponses… »

Jared : « Avant que le silence ne se réinstalle comme toujours dans l'une de nos conversations, tu veux pas rentrer et arrêter les deux andouilles qui sont dans le salon… Je vais faire à manger avant que ma mère n'arrive. »

Sandy : « Non »

Jared : « Quoi ? Tu veux pas les arrêter ? »

Sandy : « Non, je parlais de ta cuisine. »

Jared : « T'aimes pas les pizzas ? »

Sandy : « C'est toi qui a cuisiné toute la semaine, donc… »

Jared : « Ouais, t'as raison, moi aussi j'en peux plus… »

Sandy : « Je vais le faire. »

Jared : « Toi ? »

Sandy haussa les sourcils en le regardant.

Jared : « Non pas que je remette en doute tes talents culinaires, mais… »

Sandy : « Viens au lieu de raconter n'importe quoi… »

Elle se leva, épousseta ses vêtements et se dirigea vers la cuisine. Jared leva les bras au ciel puis se leva et rejoignit la jeune fille.

 

Cuisine

Lorsqu'il entra et qu'il la vit chercher désespérément des ustensiles.

Jared : « Tu es sûre que tu ne veux pas que j'appelle, on sera livré dans moins d'une demi-heure. »

Pour toute réponse Sandy brandit une casserole à frire.

Jared : « Ok, bon ben, j'ai rien dit alors. »

Sandy : «Tu as du riz ? »

Jared : « Dans le placard du haut… Écoutes, Sandy… »

Sandy : « Des œufs ? »

Jared : « Ouais il doit en rester dans le frigo…Sandy… »

Sandy : « Va préparer la table. »

Jared allait lui répondre, mais Sandy lui mis la main sur la bouche pour le faire taire et le regarda droit dans les yeux. Quand elle enleva sa main, il ne dit plus rien et pris les assiettes.

Jared : « Et tu veux que je la fasse où ta table : cuisine ou salle à manger? »

Sandy : « On mange dans la cuisine vu que les deux autres sont encore dans la salle à manger. »

Pendant que Jared préparait la table, Sandy continuait de cuisiner. Quinze minutes plus tard, le repas était prêt. Jared et Sandy admiraient le travail.

Jared : « Je dois reconnaître que tu te débrouilles. »

Sandy : « C'est juste du riz cantonnais. J'en ai gardé pour ta mère. »

Jared : « C'est sympa. »

Et Sandy haussa les épaules.

Sandy : « On va les appeler ? »

Jared : « Est-ce qu'on a le choix ? »

Et, résignés, tous deux se dirigèrent vers la salle à manger, en tendant l'oreille.

Sandy : « On entend plus rien… »

Jared : « Ils se sont peut-être entretués ? Ou bien ils sont en train de s'embrasser passionnément.»

Sandy : « Si seulement… »

 

Salle à manger

En entrant, ce qu'ils virent les étonna autant l'un que l'autre.

Effectivement, Ailie et Eyden étaient tous les deux assis, chacun à l'un des bouts de la porte, les deux têtes se tournèrent vers les nouveaux arrivants.

Ailie : « Oui ? »

Jared : « Euh, vous faites quoi là ? On peut savoir ce qui vous arrive ? »

Sandy : « Le dîner est prêt… »

Eyden : « Cool… »

Ailie : « J'ai pas entendu le livreur de pizza. »

Sandy : « J'ai fait à manger. »

Ailie : « Oh… »

Jared : « Avances avant de dire quelque chose que tu pourrais regretter par la suite. »

Sur ces dernières paroles de Jared, ils se dirigèrent tous les quatre vers la cuisine où Jared et Sandy avaient dresser la table et servit les plats. Une fois arrivés, Ailie et Eyden se tournèrent vers Sandy, surpris.

Ailie : « Je retire tout ce que j'ai pu dire ou plus exactement penser en apprenant que c'était toi qui allait faire la cuisine. »

Eyden : « Ça va vous paraître dingue, mais pour une fois je suis entièrement d'accord avec Ailie, Sandy, bravo. »

Ailie lui lança un regard meurtrier auquel il répondit par un haussement d'épaules. Elle s'approcha alors lentement de lui et lui donna un coup sur le bras.

Eyden : « Aïe, ça fait mal ! »

Pour toute réponse, Ailie lui fit un sourire qui se voulait angélique.

Jared : « Bon, vous avez fini tous les deux, on peut se mettre à table ? Ça va refroidir sinon.»

Ils s'installèrent tous les quatre : Sandy et Ailie côte à côte, et respectivement en face de Jared et Eyden.

Mais avant qu'ils n'aient pu commencer à manger, le bruit de la porte les interrompit.

Debra (en entrant) : « J'espère que vous avez planqué tout ce qui est substances illicites et alcool : la vieille est de retour. »

Ailie : « Juste à temps. »

Debra (de l'entrée où elle posait sa veste sur l'un des portemanteau): « Pourquoi ? Vous avez besoin d'argent pour une autre virée nocturne ? »

Ailie et Eyden eurent un sourire gêné, se rappelant parfaitement de la soirée à laquelle Debra faisait allusion, mais aucun d'eux ne prononça un mot.

Jared : « Non, Sandy vient de faire à manger et on s'apprête à dîner … On t'en a laissé une assiette si tu veux te joindre à nous. »

Mme Chase : « Ça marche, j'ai pas arrêté depuis un mois de prendre des photos de filles qui n'ont que la peau sur les os, alors, je vous jure, je ne veux qu'une seule chose : ne plus jamais voir de spécimen du genre et ne jamais y ressembler… »

Sandy : « Ça fait deux choses… »

Debra : « Et m…. (Censuré), voilà que je leur ressemble déjà : je ne sais plus compté… »

Pendant qu'elle parlait, Sandy s'était levé et avait servit une assiette à Debra.

Debra : « Oh, Sandy, c'est gentil, t'aurais pas du… Quoique c'est vrai que la cuisine façon Jared, j'en peux vraiment plus… »

Jared : « Merci, ça fait plaisir d'avoir toujours le soutient d'une mère aimante… »

Debra : « Mais de rien mon chéri, je suis là si jamais tu en as besoin. Bon et si on mangeait, au fait vous allez être heureux de savoir que j'ai fini la série de photos pour le magazine de mode que j'avais à prendre. Je suis libre aujourd'hui, j'ai tout et n'importe quoi à faire, libre comme l'air. »

Ailie : « Ça veut dire que tu vas être tous les jours à la maison ? »

Debra : « Caches ta joie mon cœur, on dirait que tu as l'air heureuse. »

Ailie : « Non, c'est pas ça. »

Debra : « T'en fais pas, tes amis peuvent venir à la maison autant qu'ils le veulent à moins qu'ils n'aient peur de se ringardiser en ma compagnie. »

Sandy : « Ce serait dramatique… »

Cette remarque arracha un sourire à toute la tablée.

Debra : « Et sinon, ça avance votre dossier ??? »

Ailie : « On la pratiquement fini, il nous manque la conclusion… »

Sandy : « Je l'ai déjà trouvé et copié. »

Eyden/Ailie : « Pardon ? »

Ailie : « T'aurais pu nous le dire… »

Sandy : « Vous étiez en train de discuter ? »

Jared ainsi que Debra ne purent s'empêcher de sourire devant la mine mi-contrariée, mi-gênée qu'affichaient Ailie et Eyden.

Debra : « En tout cas, il est bon, ton riz, Sandy. »

Sandy : « Merci. »

Et ils terminèrent le dîner en parlant dans la bonne humeur. Tous sauf Ailie et Eyden qui étaient le nez collé dans leur assiette en échangeant un regard de temps à autres. À la fin du dîner, Debra qui était la dernière, reposa ses couverts.

Debra : « Bon, il est 7h30, on va regarder un peu la télé, les jeunes ? Ailie, Eyden, ça vous gênes de faire la vaisselle ? »

Ailie/Eyden : « Non, non. »

Sandy : « Il faut que je rentre. »

Debra : « Oh… D'accord, salut Sandy, et reviens quand tu veux, j'ai trouvé ton riz excellent. »

Sandy : « Ca c'est parce que vous avez mangé des pizzas tous les jours depuis trois semaines… »

Debra : « Peut-être, reviens la semaine prochaine, on retentera l'expérience… »

Sandy : « Si vous voulez. Bon j'y vais… Bye. »

Ailie : « Attends, on va chercher ton sac, je ferai la vaisselle tout de suite après M'man. »

Debra : « Pas de problème, personne ne vas te piquer ta place… »

Et sans répondre à sa mère, Ailie tira Sandy par le bras, jusqu'à la salle à manger où ils avaient laissé leurs affaires. »

Sandy : « Aïe. »

Ailie : « Désolée, faut qu'on parle… Qu'est-ce qu'il faut que je fasse. »

Sandy : « Ben écoutes, Ailie, si tu ne sais pas faire la vaisselle, je ne peux plus rien pour toi. »

Ailie : « Je te signal que je sais faire la vaisselle et même mieux que toi alors… Je te parlais d'Eyden, il est plus avec sa blondasse, d'ailleurs faudra que tu me dises comment tu l'as su… Enfin, bref, il est plus avec Heather et avant il a essayé de discuter avec moi, mais j'ai paniqué et j'ai engendré une dispute. »

Sandy : « C'est toujours toi qui la commences… »

Ailie : « Alors, ça c'est pas vrai !!! Je la commence jamais, bon d'accord ça m'est arrivé une fois ou peut-être deux, mais c'est tout… Bon d'accord, c'est moi qui la commence, mais ça change rien aux problèmes, je te signal !!! »

Sandy : « Laisses le parler… Et tu sauras s’il a changé sa position vis-à-vis d'une éventuelle relation entre vous deux. S'il a changé, alors faut que tu saches ce que tu veux vraiment. Par contre, si rien n'a changé alors il n'y a pas à discuter plus longtemps. »

Ailie : « T'as raison. »

Sandy : « J'y vais, je vais être en retard sinon. »

Ailie : « Bien à demain alors, bye. »

Sandy : « Bye. »

Et elle s'en alla, à peine avait-elle franchi le portail qu'elle entendit la porte s'ouvrir, elle se retourna et vit Jared sortir de la maison et courir vers elle.

 

Exterieur de la maison

Jared : « Ma mère est en train de regarder un soap… »

Sandy : « Ca doit être intéressant. »

Jared : « Le truc, en fait, c'est qu'elle coupe le son et fait tous les dialogues elle-même. Avant j'adorais faire ça, tu ne le répète à personne n'est-ce pas Sandy Ming. »

Sandy : « J'emporterai ton secret dans la tombe. »

Jared : « Ca va alors. Maintenant je trouve ça lassant, mais je n’ose pas le lui avouer… »

Sandy : « Donc je te sers d'excuse pour échapper à une soirée doublage ? »

Jared (en se mettant à genoux, les mains tendues vers Sandy) : «Mon héroïne, la plus géniale de toutes ! »

Sandy : « Mais je t'en pris… »

Sur ce, ils prirent le chemin de la maison de Sandy.

 

Cuisine des Shepard

Ailie et Eyden n'avaient pas prononcé un seul mot, se contentant de se lancer des petits regards de temps à autres… Finalement, après 5min de silence, Eyden jeta le chiffon dont il se servait pour essuyer les assiettes qu'Ailie lavait. Ailie la jeune fille lui lança un regard étonné.

Eyden : « On ne parle plus et je peux te jurer que ça m'énerve. »

Ailie : « Et de quoi voudrais tu parler ? »

Eyden : « De nous. »

Ailie : « Y'a pas de nous, ou du moins, pas à ma connaissance. »

Eyden : « Je sais ce que tu veux entendre, mais pour le moment je suis incapable de changer et tu ne peux pas me demander de changer du jour au lendemain. »

Ailie (levant la main) : « Oh, Oh, Oh !!!! Une minute ! Je ne t'ai jamais demandé de changer quoique se soit, jusqu'à preuve du contraire… »

Eyden : « Tu m'as clairement fait comprendre que tu ne pourrais pas sortir avec moi si je restais…comme ça ! Ce qui sous entend que pour avoir une chance il faudrait que je change… C'est implicite ! »

Ailie : « Parce que tu trouves ça normal toi, de sortir avec quelqu'un qui a honte de toi ? Désolée, mais moi pas. »

Eyden : « On en revient toujours là-dessus, je comprend plus ce que tu cherches !!!! Je n'ai pas honte de toi, je te l'ai dit je en sais combien de fois exactement. »

Ailie : « C'est bien beau de le dire encore faudrait-il que tu sois capable de me le prouver. »

Pour toute réponse, il se pencha pour l'embrasser, en le voyant s'approcher, elle ferma d'abord les yeux, mais un élan de lucidité la fit tourner la tête sur la gauche, Eyden embrassa alors sa joue droite. »

Eyden (se contenant pour ne pas exploser): « Tu sais quoi ?!? Tes hésitations à deux balles, elles me gavent. »

Ailie : « Pardon ? »

Eyden : « Ouais, exactement, je finis par croire que ce que tu me sors depuis le début de cette fichue histoire, ce sont juste des excuses bidons… Et qu'en réalité, t'as pas envie d'être avec moi, si c'est le cas, tu n'avais cas le dire je me serais tiré à la minute même. »

Ils restèrent un moment face à face, Eyden attendant un signe, un geste de la part d'Ailie.

Ailie (énervée) : « Non mais j'hallucine voilà que maintenant Monsieur veut se faire passer pour la pauvre victime, mais tu sais quoi ? (avance vers lui en gesticulant) J'en ai assez, ça va faire deux semaines qu'on a parlé de ça et je me suis faite à l'idée que toi et moi c'était une histoire qui ne pouvait pas marcher … (retourne là où elle était) Tu pourrais pas faire de même pour qu'on puisse enfin passer à autre chose et tourner la page toi et moi ? »

Eyden : « Non, parce que, pour je ne sais quelles raisons illogiques, je sens que quelque chose de bien pourrais se passer entre toi et moi et je ne veux pas passer à côté parce que je sais que je passerai toute ma vie à le regretter et à me poser des questions sur ce qui aurait pu se passer. »

Ailie ne su quoi répondre et reprit la vaisselle.

Eyden (d'une voix calme et lasse): «Tu vas finir par faire partir le dessin si tu continues à gratter comme ça. »

Elle continua à gratter sans lui prêter la moindre attention.

Eyden : « OK, j'ai vraiment l'impression de t'énerver alors je crois que je vais te laisser. Bye. »

Et il repartit sans adresser un regard à Ailie. Cette dernière, un peu déboussolée, ne savait pas si elle devait le rattraper ou ne rien faire. Après quelques secondes d'hésitations, elle choisit la seconde option. Quelques minutes plus tard, elle entendit le bruit de la porte puis vit sa mère apparaître.

Debra : « Qu'est-ce que tu lui as fait ? »

Ailie (grattant de plus en plus fort sur le plat): « Rien, rien »

Et elle jeta son éponge avant de monter dans sa chambre en courant. Debra garda un instant les yeux rivés sur l'endroit où se trouvait sa fille quelques instants plus tôt.

Debra : « Fallait bien que ça arrive un jour, quoique si ça avait pu être dans une vingtaine d'années, ça m'aurait pas gêné plus que ça… »

Elle haussa les épaules et se prit deux parts de gâteau dans le frigo avant de monter à l'étage, à la suite de sa fille.

 

Chez Sandy

De leur côté, Sandy et Jared s'étaient à nouveau assis sur le toit de la maison, au 1630 Napa Street.

Jared : « Ils seront ensembles un jour… »

Sandy : « Pas s’ils continuent par être terrifiés… »

Jared (en regardant Sandy) : « Tu es différentes... »

Sandy : « De quoi ? »

Jared : « Des autres filles… Tu n'es pas superficielle, t'es vraiment marrante et tu te préoccupe réellement des gens qui t'entourent, tu les observent beaucoup et tu comprend rapidement des choses dont d'autres ne parviennent même pas à réaliser l'existence... »

Sandy : « Arrêtes… »

Jared : « Écoutes, c'est juste pour que tu saches que je suis sincère… Sandy, je voudrais savoir… »

Sandy : « Écoutes, avant que tu n'aille plus loin, je voudrais juste que tu saches que tu es pour moi un très bon copain, peut-être même un ami, mais ça ne va pas plus loin. »

Jared : « Oh… »

Sandy : « Jared, je… »

Jared: « Pas grave, je m'en doutais, et puis, Ailie m'avait prévenu. Je vais te laisser. »

Sandy : « Jared. »

Jared : « Non, non, vaut mieux que je rentre. »

Et sans laisser à Sandy le temps de dire quoique ce soit d'autre, il fût déjà parti. Sandy ne chercha pas à le rattraper sachant parfaitement qu'elle ne pourrait pas changer les choses. Cependant, Jared ne pris pas la direction de chez lui, mais celle du parc. Une fois arrivé, il s'assit sur un banc et donna des coups de pieds sur les cailloux qui se trouvaient aux alentours.

 

Lycée de Tamalplais

Le lendemain, les trois ados étaient réunis un peu avant le cours d'Histoire/Géographie pour revoir une fois de plus le dossier et la répartition des tâches. Ailie et Eyden n'avaient pas eut l'occasion de se reparler depuis l'incident de la veille et chacun évitait soigneusement de croiser le regard de l'autre. Ils n'avaient que 30 minutes pour se préparer et venait déjà d'en perdre 5 en silences inutiles.

Sandy : « Écoutez, je sais que c'est pas facile pour vous, mais est-ce qu'on ne pourrait pas juste tenter d'oublier pour l'heure et demi qui suit tous nos petits différents et se concentrer uniquement sur notre dossier d'Histoire ? Et puis après, une fois que tout sera terminé, vous pourrez vous arracher les yeux si vous le souhaiter, je pourrais même vous aider si besoin est mais là, tout de suite, je voudrais juste qu'on bosse. »

Ailie/Eyden : « OK ! »

Et ils réussirent alors en moins de 10minutes à finir les derniers préparatifs.

Sandy : « Bon, ils nous reste un quart d'heure, je vais me chercher à boire. »

Et sans attendre de réponse de la part des deux autres, elle sortit de la salle. Ailie et Eyden se regardèrent un instant.

Ailie/Eyden : « Écoutes… »

Ailie/Eyden : « Vas, je t'écoute. »

Eyden : « Ok, bon laisses moi commencer s'il te plaît. »

Ailie : « Si ça peut te faire plaisir. »

Eyden : « Alors, voilà, enfin, c'est… voilà… »

Ailie (tapotant sa montre du doigt) : « Je ne sais pas si tu es au courant, mais on a qu'un quart d'heure, pas un quart de siècle. »

Eyden : « OK, c'est bon, je me lance… Ailie, voilà, je sais parfaitement pour quelles raison tu ne veux pas qu'on se mette ensemble. Je les comprends et je les respecte mais voilà, je pense que tu faits erreur sur un point : je n'ai pas honte de toi, enfin pas dans le sens où toi tu l'entends. »

Ailie : « Parce qu'il y a plusieurs sens à la phrase : avoir honte de quelqu'un ? »

Eyden : « Ce n'est pas ce que je voulais dire. »

Ailie : « Alors qu'est-ce que tu voulais dire exactement ? Vas-y, je t'écoute. »

Eyden (commençant à perdre patiente) : « Si tu m'avais laissé terminer tu aurais pu comprendre. »

Ailie : « Ben vas-y, je te laisse finir et je ne t'interromprai plus. »

Eyden : « Donc voilà, e que je voulais te dire : c'est que j'aime beaucoup être avec toi, passer du temps avec toi et je pense sincèrement que toi et moi ça peut donner quelque chose de bien, de vraiment bien, mais voilà, je pense que ni l'un ni l'autre ne sommes réellement près pour ça, la preuve : on ne fait rien pour que ça marche… Mais je voulais juste que tu saches ce qui me gêne réellement, qui me fait « honte » : c'est le regard des autres, ça doit être de famille. Il a fallut plus de 18ans à ma mère pour arriver à passer au-delà de ça. Je dit pas que ce sera tout aussi long pour moi, mais toute ma vie j'ai vécu en fonction de ce que penserait les gens qui m'entourent et je ne peux pas changer du jour au lendemain. Alors c'est pour ça que je te demande de bien vouloir être patiente … Ca c'est ce qui me concerne, pour toi je ne sais pas du tout ce que tu recherches ou même ce qui te manque… Et c'est ça que je voudrais comprendre. »

Ailie : « Y'a rien à comprendre, jusqu'à preuve du contraire, je n'ai rien fait qui puisse empêcher une quelconque relation entre toi et moi… »

Eyden : « Mais tu n'as rien fait qui aurait pu nous aider. »

Ailie : « Je… je… »

Eyden : « Tu sais quoi ? Laisses tomber, je pense que tu avais raison hier soir : ça ne peut pas coller entre nous… »

Et il tourna le regard à l'endroit opposé de celui où se trouvait Ailie. Et après quelques instants de silence, Sandy entra dans la pièce, un verre de café à la main. »

Sandy : « C'est bon, vous êtes prêts ? »

Ailie/Eyden : « Oui. »

Et ils prirent alors tout le matériel dont le meuble sur roues où étaient installés la télé et le magnétoscope qu'ils avaient emprunté à l'établissement. C'est alors qu'ils entendirent la cloche sonner et après avoir échangé un regard, ils se dépêchèrent de se rendre en salle de classe, ils préparèrent tout avant l'arrivé de leur professeur qui entra dans la salle de classe quelques minutes plus tard.

Mr Liam : Bonjour, bonjour, alors comment allez-vous ? Chase, Ming, Shepard, prêts ? »

Sandy/Ailie/Eyden : « Oui. »

Mr Liam : «Et bien voyons voir ça tout de suite… »

Ailie : « Donc nous allons vous parler de la III° République française et pour se faire nous allons vous montrer des extraits vidéos que nous avons tournés pour illustrer nos propos. »

Et l'heure passa sans aucun problème majeur. L'exposé fut très bien accueillit par l'ensemble de la classe qui fût plus éblouie par les petites séquences filmées par leurs camarades que par le contenu du dossier. Ils finirent un peu avant la fin du cours et se tournèrent vers leur professeur, attendant le jugement définitif de ce dernier.

Mr Liam : « Très créatrice et originale comme idée, vous avez trouvez beaucoup d'informations néanmoins, il y a certaines parties qui auraient méritée d'être étoffées comme les causes de la naissance de la III° République ou encore les biographies, c'est ben beau de me dire que Gambetta a fuit Paris en montgolfière, encore aurait il fallut dire pourquoi. Mais enfin, je pense que c'est un bon exposé. Bon, comme pour vos autres camarades qui sont déjà passés, je vais attendre de voir passé tout le monde mais votre note provisoire est un A+. »

Ailie : « Merci Mr… »

Mr Liam : « Vous voyez que je peut être autre chose parfois qu'un monstre sans cœur. »

Ailie : « Euh… Aïe!!! »

En effet Sandy venait de lui écraser le pied.

Et c'est à cet instant que la cloche sonna et que tous les élèves et le professeur sortirent de la classe laissant Ailie, Eyden et Sandy ranger tout le matériel.

Ailie : « Sauvés par le gong… »

Sandy/Eyden (en lui lançant un regard de reproche): « Ça tu peux le dire. »

Ailie : «C'est bon, j'allais rien dire de méchant… (Eyden et Sandy la regardèrent de nouveau) Ok c'est bon, j'ai rien dit, j'arrête. »

Et ils rangèrent le tout en silence en quittant la pièce Eyden pris sur la gauche, pour aller rendre la télé et les deux amies prirent sur la droite, en direction de leur casier.

A la fin de la journée, les deux jeunes filles allèrent s'asseoir au parc.

Ailie : «Alors vas-y, dit moi pourquoi tu ne voulais pas qu'on aille chez moi ? »

Sandy : « Jared. »

Ailie : « Oui, Jared, c'est mon frère, et alors ? Je sais que c'est pas un cadeau mais t'as réussi à le supporter jusque là, alors… Oh !!! Mince. »

Sandy : « Comme tu dits… Et toi et Eyden ? »

Ailie : «On s'est mis d'accord pour dire qu'il n'y avait rien du tout entre nous… »

Sandy : « Je suis désolée … »

Ailie : « Ne le sois pas, tu n'y es pour rien. Et puis c'est mieux comme ça, après tout, nan ? On a rien en commun lui et moi, non ? »

Sandy : « Tu le penses vraiment ? »

Et elles se regardèrent un moment avant que, de tristesse, Ailie se laissa retomber contre le dossier du banc et posa sa tête sur les épaules de Sandy.

Ailie : « Les histoires de cœur, ça craint… »

 

Fin

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